The Purple Shall Govern – Shepard Fairey

Situation
L’œuvre est située à Johannesburg en Afrique du Sud.
Située non loin du pont Nelson Mandela, elle s’intègre au paysage urbain et se fond dans son environnement- à tel point qu’on peut facilement la manquer. Elle prend toute la hauteur d’un immeuble de bureaux de 8 étages dans un quartier en pleine restructuration. Elle est près d’un quartier défavorisé du centre de Johannesburg. Ce n’est pas une œuvre de street art illégale : elle a été soutenue par la fondation Nelson Mandela, le Département d’État Américain et d’autres mécènes.
L’œuvre devait initialement être réalisée au Cap, pour coller au contexte historique. Cependant, des contraintes de temps ont fait qu’elle a dû être réalisée à Johannesburg.
Contexte Historique
La « Purple Rain Protest» ( Manifestation de la pluie pourpre ) fut un
tournant dans le combat contre l’Apartheid. Le 2 septembre 1989,
dans la ville du Cap, des manifestants pacifiques firent face à des
policiers anti-émeutes armés de lacrymogènes, de matraques, de
chiens et d’une nouvelle arme – un canon à eau rempli de teinture
violette pour marquer les manifestants et les arrêter par la suite. La
confrontation prit un tournant théâtral quand un manifestant prit le
contrôle du canon et le retourna contre les policiers, à leur tour
peints en violet ! Le lendemain, des graffitis apparurent et se
répandirent rapidement, proclamant : « The purple shall govern
» (Le pouvoir au pourpre), jeu de mots sur le slogan « The people
shall govern » ( Le pouvoir au peuple) tirée de la Freedom Charter
(Charte de la Liberté) des partis anti-apartheid (1955).



Ce fut la dernière tentative du gouvernement sud-africain pour contrer les opposants. Quatre mois plus tard, Nelson Mandela était libéré de prison après 27 ans d’incarcération et en 1994 il devenait le premier président noir d’une Afrique du Sud démocratique.
L’artiste
Né en 1970 à Charleston, Shepard Fairey étudie à la Rhode Island School of Design de Providence. C’est là qu’il crée le personnage d’André the Giant.Il crée alors des stickers et des affiches qui fera évoluer pour devenir OBEY. Il se politise et crée des affiches anti- guerre, pro-écologie. Il s’inspire des affiches de propagande des régimes communistes (URSS, Chine, Cuba). Il continue le street art, souvent pour des projets avec autorisation mais expose aussi son travail. Afin de toucher le plus de monde possible, il vend toujours des posters de ses oeuvres sur son site web et a lancé une ligne de vêtements, afin que le plus grand nombre puisse s’approprier son oeuvre.




Le symbole du poing levé
Shepard Fairey a choisi de représenter un Mandela souriant et bienveillant- l’image de réconciliateur de l’Afrique du Sud. Malgré tout, sur l’affiche, on note l’image d’un poing fermé et levé, symbole de lutte et de résistance. C’est d’ailleurs un détail que l’on retrouve sur de nombreuses photos et représentations de « Madiba ».

ndela – Joël Guenoun




I am because we are- Ricky Lee Gordon (aka Freddy Sam)

Situation

L’oeuvre se trouve dans la quartier de Maboneng, dans le centre de Johannesburg. Maboneng, ancien quartier industriel délabré se transforme petit à petit en quartier « bobo » et héberge des galeries d’artistes, des boîtes de nuit, des magasins de mode. Il est devenu le coeur de la culture sud-africaine alors qu’il était depuis la fin de l’apartheid abandonné aux squatteurs.
L’auteur

Ricky Lee Gordon (né en 1984) est un artiste sud-africain originaire du Cap. Il a pendant un temps utilisé le pseudonyme Freddy Sam (les noms de ses 2 grands-pères) pour signer ses peintures murales.
Il se définit comme « artiste mural et militant de l’art ». Issu des classes favorisées blanches sud-africaines, il a rapidement rejeté ce milieu et développé une volonté de changer le monde ou au moins d’essayer, d’explorer d’autres horizons. Il a réalisé son premier mural à l’âge de 16 ans.
Il participe ainsi à des projets divers: réalisation d’un mural sur le SIDA dans son pays (en collaboration avec Médecins du Monde), travail dans des écoles défavorisées par exemple.




Origine de l’oeuvre
L’oeuvre est inspirée d’une photograhie de Bob Gosani. Sur celle-ci, prise en 1953, Nelson Mandela a 35 ans. Il s’entraîne avec son partenaire Jerry Moloi sur le toît du South African Associated Newspapers Building dans le centre-ville de Johannesburg. D’après l’auteur, le mural se trouve à proximité et fait face au lieu-même où la photo a été prise.


En 2013, les autorités du quartier de Maboneng, à Johannesburg, commandèrent à Freddy Lee Gordon une œuvre monumentale en hommage à Mandela – à la hauteur du personnage.
A partir de la photographie de Bob Gosani, il réalisa une œuvre en noir et blanc de 10 étages qui montre un Mandela encore jeune, sur la défensive mais prêt à frapper- le portrait d’un combattant prêt à se battre pour ce en quoi il croit.
« J’ai choisi de peindre une image icônique de lui en train de boxer car il croyait que les hommes étaient égaux sur le ring » (“I chose to paint the iconic image of him boxing as he believed all were equal in the ring.”)
Il a fallu à l’artiste 4 jours pour terminer le mural- presque à temps pour l’enterrement de Mandela. Mais les travaux de finition ont pris du retard à cause de la météo.
Le titre « I am because we are » fait référence à la philosophie Ubuntu. Mandela expliquait ce concept africain par la phrase suivante : « You cannot be human all by yourself » (« On ne peut être humain tout seul »). Une philosophie que partage Ricky Lee Gordon qui essaie de rassembler les gens et de créer un esprit de solidarité à travers l’art
Pour l’anecdote, le public avait d’ailleurs été invité à assister à sla réalisation du mural depuis le toît d’un immeuble voisin, d’emporter un pique-nique et …. son sens de l’Ubuntu! (« Bring a picnic blanket, a picnic lunch and your best spirit of Ubuntu »).


