L’idée
Organiser un temps de lecture partagé pour les élèves et les adultes de l’établissement. Ce temps peut être de 10 à 20 minutes et doit être définit de façon récurrente, toutes les quinzaines, semaines, voire tous les jours. L’horaire est fixé pour une période donnée et idéalement, une sonnerie en marque le début et la fin. Les élèves peuvent lire ce qu’ils veulent, à l’exception des manuels scolaires.
Exemple : Tous les lundis, à 13h50, une musique annonce le « Silence, on lit ». Tous les élèves et personnels arrêtent leur activité, prennent le livre qu’ils ont choisi et ont avec eux et lisent. Au bout de 10 minutes, la même musique marque la fin du « Silence, on lit ».
Les effets constatés
Sur les acquis des élèves :
- Autonomie et concentration sont entrainées quotidiennement,
- Entraînement à justifier ses choix de lecture: vocabulaire spécifique et compétences d’argumentation, expression des sentiments,
- Respect des règles collectives qui prennent sens (celle du silence notamment) et du respect de l’autre,
- Élargissement des représentations du lecteur et des usages de la lecture
- Constitution de références par mise en réseau des ouvrages lus
Sur les pratiques des enseignants :
- La lecture envisagée comme un acte culturel, de plaisir, et pas seulement outil pour les autres disciplines ou questionnaire de lecture à court terme
Sur les relations professionnelles :
- Partage de la mise en place d’une action culturelle dont chacun est garant
- Modification des représentations traditionnelles des différents professionnels de l’établissement
- Satisfaction de réussir une action qui déclenche l’enthousiasme
Sur l’établissement :
- Renforcement du sentiment d’appartenance à une communauté
- Apaisement de certaines tensions liées à la longue journée sans pause ou sans sas, ni pour les adultes ni pour les élèves notamment les plus fragiles, qui sur-réagissent .
- Silence apprécié dans un monde généralement bruyant
Source : https://eduscol.education.fr/experitheque/consultFicheIndex.php?idFiche=13734
Questions à se poser
Étant donné que les élèves peuvent amener leurs propres lectures, éventuelle interdiction de certains documents et supports : presse people, lecture numérique, contenus qui ne sont pas de leur âge. Surveillance de l’adulte nécessaire ?Nécessité d’avoir suffisamment de livres pour la classe. En plus de ceux du CDI empruntés par les élèves et de ceux qu’ils amènent, on peut avoir un bac avec quelques livres et magazines dans chaque salle. Les élèves ayant oublié le leur peuvent quand même lire quelque chose.Participation : toutes les classes ? Tous les niveaux ?Quel créneau ? Quelle durée ? Quelle fréquence ?
Organisation matérielle
Au CDI : il faudra améliorer la gestion du prêt et notamment des retards, pour que les élèves respectent mieux les dates de retour et ainsi avoir un meilleur roulement des livres empruntés.
En classe : prévoir des bacs à livres qui peuvent être lus par les élèves qui ont oublié leur livre.
Dans le collège : associer tous les adultes, promouvoir auprès des élèves, intégrer au projet d’établissement, favoriser les échanges sur les lecture (coups de coeur, sélections thématiques, challenges, défis lecture…).
En dehors du collège : associer les parents afin qu’ils prévoient, avec leur enfant un livre à lire au collège. De même, ce peut être l’occasion de nouer un partenariat avec les médiathèques afin de promouvoir leur fonds, en complémentarité avec celui du CDI.
Les textes
Note du MEN aux recteurs pour la promotion du Quart d’Heure Lecture à la rentrée 2019 :


Dans d’autres établissements
Témoignage de l’expérience « Quart d’heure de lecture » au collège Mathalin d’Auch
Comment se passe le ¼ d’heure lecture dans votre établissement ? (description des modalités)
Au collège Mathalin, il s’agit plutôt de 10 minutes de lecture placées au début de l’heure de cours. L’horaire est défini pour une période, de vacances scolaires à vacances scolaires, afin de ne pas solliciter toujours le même enseignant. Ce choix est collégial: la première période avait été proposée par l’administration après étude des emplois du temps, la deuxième période a été choisie par l’ensemble des enseignants sous forme de vote sur les plages horaires possibles. Les élèves doivent avoir un document dans leur sac, quel qu’il soit. Pour pallier les oublis, une caisse de livres et périodiques a été disposée en salle des professeurs. Certains enseignants ont prévu des ouvrages à proposer. Les élèves ont également à leur disposition à tout moment les romans, BD, mangas et documentaires du «FreeGoLivre». Ce dispositif est libre: cela peut être aussi l’enseignant qui fait la lecture à sa classe. Par exemple, Mme la principale du collège, propose ainsi une lecture à l’une des salles de permanence, ainsi que différents collègues dans différentes matières.
Pouvez-vous nous en dire plus en termes d’analyse ? (freins, points positifs, retombées sur le climat scolaire, la politique d’acquisition, les emprunts …)
Le frein principal consiste dans la contrainte horaire pour tout un établissement: cela peut tomber sur une heure de groupe, peut être compliqué à intégrer à une séquence… Certaines matières sont d’emblée plus impactées que d’autres: je pense à l’EPS par exemple, ou les matières qui n’ont qu’une heure par semaine avec les élèves (arts plastiques, musique notamment). Les points positifs sont nombreux. Tout d’abord, nous constatons que ces 10 minutes de lecture sont très agréables pour tous: tout le monde a le droit et le devoir d’arrêter toutes ses activités pour lire, pour une fois. Cela apporte une sérénité individuelle tout en étant en collectif… Faire ensemble la même chose en même temps apporte de la cohérence et apaise le climat scolaire. Le deuxième point positif, et peut-être le plus important, est que certains élèves non lecteurs accrochent et se mettent à lire. Tous les adultes font le même constat: nous devons arrêter les élèves au bout des dix minutes, de manière paisible. Il n’y a qu’au CDI ou en étude que cela peut donner l’opportunité à tous de lire pendant une heure entière. Les «obliger» à lire leur montre qu’ils peuvent y prendre du plaisir. Enfin, il est très agréable de pouvoir dialoguer des pratiques de lecture avec chaque élève, entant qu’adulte, et non plus en tant qu’enseignant. Par exemple, cela fait émerger l’importance de lire avant de s’endormir le soir, ou pour découvrir d’autres univers, apprendre d’autres langages.Cela donne envie aussi aux élèves comme aux enseignants de partager sa lecture, et cela permet d’en parler. Le CDI, dont le fonds est varié et riche, permet à chacun d’emprunter un document qui lui convient, même s’il serait judicieux, à condition que le budget augmente, d’acquérir de nouveaux documents variés à laisser dans chaque classe, ou au moins dans chaque pôle (sciences,lettres, langues…). Les élèves ont également à leur disposition comme dit plus haut le FreeGoLivre. Certains documents qui sont désherbés sont proposés aux professeurs pour leurs classes (par exemple, des périodiques scientifiques…).
Quels conseils donneriez-vous à un collègue qui souhaite mettre en place ce dispositif ?
- Trouver 4 ou 5 collègues motivés,
- proposer le dispositif et non l’imposer,
- l’adapter au tempérament de l’établissement,
- laisser au choix: le créneau, le mode de lecture, les livres (BD, manga, documentaire, roman, magazine…).
Peggy Vincent et Marianne Renaudin
Plus d’infos sur la page dédiée du site des profs docs : https:// disciplines.ac-toulouse.fr/documentation/developper-le- dispositif-quart-d-heure-de-lecture-au-college-enquete-et- synthese

